Miscellanées - le site de Christian FERON
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Devant mon établi d'arquebusier en 1984...

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Christian Feron, armurier (1984)
Christian Feron, armurier (1984)

Sur cette photo, je suis en train de réaliser un bronzage tabac sur un canon à rubans, lors de la restauration d'un fusil juxtaposé Lefaucheux à broche. Le bronzage tabac est également appelé bronzage damas.

Ci-dessous, quelques fioles contenant les liqueurs permettant de bronzer à la couche les canons des fusils de chasse (il s'agit du procédé traditionnel de bronzage par oxydation à la couche).

Liqueurs de bronzage à la couche
Liqueurs de bronzage à la couche

Cette photo a été prise en 1985 dans l'un de mes ateliers. Il n'existe, à ma connaissance, pas d'autre document où l'on peut observer autant de liqueurs de bronzage différentes dans un atelier d'armurier. On peut constater qu'elles ont toutes été utilisées à un moment où à un autre, il suffit de regarder les dépôts de sel sur les bouchons. A l'arrière plan, à gauche, on peut voir des canons dont le traitement est terminé.

Bien entendu, j'avais mes préférées : l'une d'elles, que j'ai mise au point dans ma jeunesse, a l'avantage de pouvoir bronzer à la couche un canon en 1 heure avec 4 couches. A titre indicatif, à cette époque, la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre à Herstal (FN Browning) avait besoin de 2 heures et demie (et avec l'aide d'armoires hydrométriques). J'avais appris ce détail par M. Raick, un fabricant d'armes de Liège. Peut-être en sont-ils restés là depuis...

Pour rappel, on considère qu'il faut environ une semaine pour réaliser un bronzage à la couche. Dans certains cas, on peut descendre à un minimum de deux à quatre jours, selon les liqueurs utilisées, l'acier des canons et le temps qu'il fait.

Une grande partie des formules chimiques ont été perdues (sauf pour moi), étant donné que beaucoup de fabricants n'ont pas eu la chance de pouvoir conserver suffisamment d'archives.

De nos jours, la plupart des armuriers faisant les bronzages utilisent un bain de soude caustique (dit "bain rapide" et appelé dans l'industrie "brunissage"). Ce procédé, qui possède l'avantage de la rapidité, a l'inconvénient de décoller les bandes des canons soudés à l'étain après un temps variable, notamment en cas de rebronzage. Malheureusement pour eux, la plupart des clients l'ignorent et ne découvrent la "bévue" de leur armurier que bien des mois après... Il existe toutefois un "truc" qui permet d'atténuer ce très grave inconvénient.

Quoi qu'il en soit, l'idéal pour un canon comportant des soudures à l'étain est de le bronzer à la couche.

 

"Ceux qui ne possèdent aucun secret disent que ceux-ci n'existent pas..."

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En aucun cas, ce document et son contenu ne sont une incitation à faire ou à utiliser ce qui est montré ici. L’utilisation des informations contenues dans cette page relève de votre pleine et entière responsabilité quant aux dommages de tous ordres qui pourraient en résulter. Les travaux photographiés ont été réalisés du temps où j’étais établi en qualité d’armurier fabricant muni de l’autorisation de fabrication d’armes de guerre. Toutes ces armes ont été livrées à des chasseurs, tireurs, collectionneurs, représentants des forces de l’ordre et des corps constitués, musées, possédant les autorisations requises lorsqu’il y avait lieu.

Le seul et unique but de cette page est de faire découvrir l’artisanat et ses réalisations dans le monde de l’armurerie, ainsi que dans d’autres domaines utilisant des techniques communes ou apparentées.

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